dimanche 22 mars 2015
Un hiver à Paris de Jean-Philippe Blondel
mercredi 18 mars 2015
La Traductrice de Efim Etkind
26 pages pour prouver que :
L’être humain a des ressources infinies quand il
s’accroche à ses rêves,
La poésie est parfois si belle qu’elle permet de
supporter le sordide,
L’obscurantisme ne peut venir à bout de la littérature
quand celle-ci devient une raison de vivre.
C'est l'histoire (vraie) de Tatiana Gnéditch, enseignante et traductrice russe qui voue sa vie à la poésie élisabéthaine.
Tatiana,
intellectuelle et d'origine noble est forcément suspecte...Arrêtée pour
un motif dérisoire, elle est condamnée à 10 ans de camp. La Seconde
guerre mondiale est sur le point de s'achever. "L'homme d'acier" est
encore aux manettes du pays à ce moment là...
Dans
une cellule du NKVD, elle va traduire le Don Juan de Lord Byron, soit
17000 vers retranscrits sous la forme de 2000 huitains. Elle accomplit
d'abord cette prouesse de mémoire, sans avoir ni l'édition de Byron, ni un
papier, ni un crayon.
Elle
a le sens du beau. Son ancêtre, Nikolaï Gnéditch a autrefois offert à
la Russie la plus belle traduction qui soit de l'Iliade.
Son
interrogateur, un homme cultivé, finit par lui accorder le matériel
minimum. Pendant deux ans, dans cette cellule sordide, elle va s'atteler
à ce travail titanesque. La traduction achevée, elle est transférée
dans un camp pour y purger le reste de sa peine. Huit ans pendant lesquels,
elle garde en permanence avec elle un exemplaire de sa traduction. Elle
l'enrichit de multiples corrections.A sa sortie, la qualité de son travail est saluée par ses pairs. Bientôt, un metteur en scène, Nikolaï Akimov lui propose d'adapter le poème en pièce de théâtre. Le soir de la Première, au Théâtre de la Comédie de Leningrad, les spectateurs, enchantés, réclament "l'auteur"... C'est le triomphe de Tatiana qui a su, par son travail acharné, son amour de la poésie et par sa traduction magnifiée, faire œuvre de création.
Efim Etkind, historien de la littérature, traducteur, dissident (il soutint Soljénitsyne et fut obligé d'émigrer en 1974) rend ici un bel hommage à Tatiana Gnéditch dont l'obstination à défendre la poésie, la culture représente une forme de résistance à l'oppression.
mardi 17 mars 2015
Le coeur du Pélican de Cécile Coulon
J’ai lu les
premières pages en anaérobie et j’ai aussitôt craint de m’épuiser. J’ai
accroché le livre et je me suis dit « allons-y ». Une écriture puissante,
tout en envol qui correspondait bien à la colère de l’épouse bafouée, celle qui
n’a jamais vraiment été aimée et qui le sait. J’ai donc d’emblée été intriguée
par la puissance qui se dégageait de cette écriture mais me suis aussitôt demandée
si je n’allais pas m’en lasser et surtout si j’allais y croire. Pour l’épouse,
oui, pour le personnage principal, un peu moins. Le héros, Anthime (prénom gracieux,
je dois le reconnaître) nourrit une colère sourde qu’il ne réussit à maîtriser
qu’à travers un entrainement frénétique à la course à pied (le 800 mètres) avec
pour seul objectif, la victoire. Là, il faudrait admettre que cet adolescent a bien
des raisons d’avoir la rage. En plus d’être beau gosse, il a des facilités
scolaires. Mais ses parents, ni laxistes
ni psycho-rigides (normaux, en somme) ont eu le mauvais goût de quitter la
grande ville pour emménager dans une belle maison avec jardin à l’avenant, dans
un lotissement d’une petite ville de province : traumatisant, non ? J’ai
lu trop de romans de Véronique Ovaldé dont les héroïnes ont des enfances à
faire frémir des bataillons d’assistantes sociales pour ne pas être sceptique. La
relation avec sa sœur est ambiguë : frustration d’un amour interdit, beaucoup plus crédible, par contre, pour
alimenter la rage.
Bref, Anthime est en colère et seule l’idée de devenir le champion incontesté lui permettant de prendre sa revanche, (sur tant de facilités ?), de trouver enfin sa place dans la société (qu’il méprise pourtant) l’anime. Il devient le Pélican (bonne trouvaille mais nourrissant un peu trop de métaphores), le champion porteur de tous les espoirs. Côté parcours sportif, je n’y connais rien mais cela me semble peu probable qu’en même pas deux ans, un jeune athlète puisse se retrouver aux portes des sélections mondiales et faire figure de légende pour les 20 ans à venir. Sa petite amie (clone de sa sœur) est comme lui, infaillible. Alors, quand le Pélican se casse la patte, son orgueil blessé lui commande de rater sa vie. C’est la partie du livre qui m’a semblé la plus subtile, cette analyse du couple où l’un a choisi l’autre et l’étouffe peu à peu de son amour unilatéral. La maison devient l’écrin d’un bonheur factice, la vie quotidienne normée par des interdits qui se veulent protecteurs. J’en étais presque à avoir de l’empathie pour le personnage principal alors même que je le trouvais au départ infect avec son égo de la taille d’une pastèque. Bien sûr, on comprend qu’il va à nouveau ébrouer ses ailes et on l’encourage même. On ne devrait pas, même avec son prénom gracieux, c’est un type qui commet quelque chose d’irréparable, un pauvre type. J’en ai un peu voulu à l’auteur de ne pas me concéder le confort de pouvoir apprécier son personnage principal. Faut-il aimer un tant soit peu le « héros » pour que le livre soit un bon livre. ? Non, pas forcément.
Malgré ce qui m’a semblé être des invraisemblances, malgré ma déception vis-à-vis du personnage, j’ai lu ce livre presque dune traite, prise dans la course moi aussi. La force de l’écriture est somme toute captivante. Certaines métaphores sont très belles, d’autres m’ont semblé inutiles, mais le livre a produit en moi un petit agacement qui paradoxalement me donne envie de lire à nouveau cet auteur.
Bref, Anthime est en colère et seule l’idée de devenir le champion incontesté lui permettant de prendre sa revanche, (sur tant de facilités ?), de trouver enfin sa place dans la société (qu’il méprise pourtant) l’anime. Il devient le Pélican (bonne trouvaille mais nourrissant un peu trop de métaphores), le champion porteur de tous les espoirs. Côté parcours sportif, je n’y connais rien mais cela me semble peu probable qu’en même pas deux ans, un jeune athlète puisse se retrouver aux portes des sélections mondiales et faire figure de légende pour les 20 ans à venir. Sa petite amie (clone de sa sœur) est comme lui, infaillible. Alors, quand le Pélican se casse la patte, son orgueil blessé lui commande de rater sa vie. C’est la partie du livre qui m’a semblé la plus subtile, cette analyse du couple où l’un a choisi l’autre et l’étouffe peu à peu de son amour unilatéral. La maison devient l’écrin d’un bonheur factice, la vie quotidienne normée par des interdits qui se veulent protecteurs. J’en étais presque à avoir de l’empathie pour le personnage principal alors même que je le trouvais au départ infect avec son égo de la taille d’une pastèque. Bien sûr, on comprend qu’il va à nouveau ébrouer ses ailes et on l’encourage même. On ne devrait pas, même avec son prénom gracieux, c’est un type qui commet quelque chose d’irréparable, un pauvre type. J’en ai un peu voulu à l’auteur de ne pas me concéder le confort de pouvoir apprécier son personnage principal. Faut-il aimer un tant soit peu le « héros » pour que le livre soit un bon livre. ? Non, pas forcément.
Malgré ce qui m’a semblé être des invraisemblances, malgré ma déception vis-à-vis du personnage, j’ai lu ce livre presque dune traite, prise dans la course moi aussi. La force de l’écriture est somme toute captivante. Certaines métaphores sont très belles, d’autres m’ont semblé inutiles, mais le livre a produit en moi un petit agacement qui paradoxalement me donne envie de lire à nouveau cet auteur.
jeudi 12 mars 2015
Le dernier gardien d'Ellis Island de Gaëlle Josse
Ellis Island est
d'abord le creuset de toutes ces souffrances, de toutes ces vies déjà en exil
qui doivent se reconstruire. Difficile d'y voir autre chose qu'un lieu sordide,
où la maladie a d'ailleurs parfois sévi. C'est un peu de cette histoire que
nous donne à appréhender Gaëlle Josse (auteur que je découvre) à travers
"Le dernier gardien d'Ellis Island", court roman paru dans la
collection Notabilia (que je découvre aussi). J'avoue que j'ai un peu piaffé
d'impatience avant qu'elle en arrive au cœur du sujet, à travers les histoires
personnelles de Nella et Paolo Casarini, de Francesco Lazzarini, de Giòrgy
Kovàcs.
Non pas que celle
du gardien, John Mitchell et de sa jeune épouse, Liz ne soit pas touchante mais
ce n'est pas ça que j'avais envie de lire. Dés le début, j'attendais que
l'auteur dénonce l'ignominie de ce passage par Ellis Island et de cette
sélection d'influence eugéniste. Elle s'y emploie mais patiemment, avec une
écriture appliquée et pudique, en montant en puissance progressivement.
C'est donc l'histoire
poignante de Paolo, séparé de sa sœur Nella et refusé pour cause de retard
mental, sœur qui se sacrifie dans l'espoir qu'un regard bienveillant sera posé
sur le cas de son frère. Par ricochet, parce qu'ils étaient à bord du même
navire, John Mitchell découvre le parcours de Francesco Lazzarini, suspect
parce qu'anarchiste en Italie. Pour expurger sa faute, il lui accorde, contre
toute attente, le fameux sésame. Pourtant, politiquement aussi, il fallait
montrer patte blanche. Plus tard, il se remémore avec honte le zèle qu'il a mis
à traquer les "rouges", en suivant les recommandations des ambassades,
sans discernement. La "Porte d'or" ne voudra pas s'ouvrir pour Giòrgy
Kovàcs, l'écrivain, pas assez communiste pour la Hongrie mais trop pour les
Etats-Unis...
J'ai apprécié que
l'auteur revienne sur les portraits d'immigrants réalisés par Auguste Sherman
(un responsable administratif du centre) et en évoque, par la voix de John
Mitchell, toute l'incongruité. En quoi ces pauvres gens, dans ce moment de
fatigue et d'inquiétude, avaient-ils envie d'être photographiés ? Même si
Sherman n'a jamais clairement indiqué d'intentions autres que artistiques, on
sait bien comment ces portraits ont pu être exploités, en une sorte de zoo
humain qui personnellement me donne la nausée.
Et l'auteur arrive
là où elle voulait nous mener car c'est sur les mots "dignité",
"mémoire" et "justice" qu'elle referme la porte d'Ellis
Island.
dimanche 8 mars 2015
La grâce des brigands de Véronique Ovaldé
Néanmoins j'ai retrouvé avec bonheur
l'écriture d'Ovaldé et le charme a encore opéré. J'aime ses phrases à la
ponctuation discrète qui permettent aux mots de s'écouler et de diffuser leur
poésie, mine de rien. J'aime les adjectifs qu'elle associe de manière décalée
et qui me laissent une impression mélangée d'amusement, de surprise et parfois
de nostalgie.
J'ai retrouvé comme un endroit familier ses
personnages un peu "barrés" qui oscillent entre résignation et
résilience. Ici, il est question de Maria Cristina qui a réussi à s'extirper de
l'étau maternel, à fuir son Canada natal pour "les palmiers
cosmétiques" de la Californie. Mais comment s'adapter à la désinvolture et
aux paillettes lorsqu'on a été élevé à Lapérouse par une mère dévote à l'excès et
paranoïaque qui pense que toute fantaisie est péché ou vulgarité et que tout
étranger est suspect ? Peut-être avec l'aide de Joanne, la colocataire qui a tout compris quant
à elle du Los Angeles way of life ? Peut-être avec l'aide de Claramunt, écrivain
à succès qui vit comme une diva dans son manoir normand ? Charmé par le côté
sauvageon de la belle, il devient son amant puis son mentor car la toute jeune
femme (elle n'a que 16 ans) aimerait avoir l'avis (et surtout l'aval) de cet
homme qu'elle admire sur "La vilaine sœur", roman cathartique qu'elle vient
d'écrire. Ce couple un peu improbable
m'a rappelé celui que forment Lili et Yoïm dans "Les hommes en général me
plaisent beaucoup". Même écart d'âge, même différence de corpulence, même
côté "je te prends sous mon aile mais fais attention les plumes sont
d'airain". Cependant la tension est moindre dans le couple Maria
Cristina-Claramunt et là, non, je n'y ai pas cru quand elle règle ses comptes
avec lui, c'est le cas de le dire..., lui reprochant dix ans plus tard de
s'être fait de l'argent sur son dos alors qu'à aucun moment, elle ne paraît en
manquer, vivant dans une opulence bien plus grande que ce qu'elle a connu dans
son enfance.Là, j'ai un peu eu le sentiment que l'intrigue bottait en touche
car le vrai défi aurait été d'affronter sa mère (bon, ok, ça paraît mission
impossible) mais sa sœur surtout (irresponsable au possible vu ce qu'elle a osé
confié à leur mère commune et
connaissant très bien son côté peu amène). Les bases pour créer un ressort narratif
intéressant étaient donc posées et j'aurais aimé que Véronique Ovaldé explore
davantage cette piste plutôt que de nous proposer une fuite, même romancée
façon "on the road again" (j'ai mis "again" parce que quand
même je n'ose pas comparer à Kerouak). Un
livre que j'ai donc davantage aimé pour son écriture que pour son histoire mais
comme je venais d'en lire un mal écrit, mon besoin a été comblé. Ha, la
porosité...
vendredi 6 mars 2015
La vérité sur l'affaire Harry Quebert de Joël Dicker
A lire les chroniques de ce blog, on pourrait croire que j'accorde mon enthousiasme le plus total, mon feu vert permanent, mon admiration sans borne à toutes mes lectures. Non, je ne suis pas une lectrice Bisounours et tout ce que je lis ne me plait pas, ne m'agrée pas toujours pleinement. J'ai simplement décidé de ne publier que les chroniques (et je préfère employer ce mot à celui de critique) des livres que je conseille.
Je vais faire une exception avec ce livre parce que c'est un best-seller et parce qu'il a reçu des prix. Chacun se fera ensuite sa propre opinion.
Côté intrigue, le contrat est rempli,
presque trop d’ailleurs…, un peu de modération dans les rebondissements aurait
été appréciable selon moi. Mais passons, c’est le levier principal d’un livre
policier : chaque lecteur a la faiblesse de vouloir savoir ce qui s’est
passé, ne serait-ce que pour jauger le bien-fondé de ses propres hypothèses. Et
plus celles-ci sont bousculées, plus le lecteur s’obstine car le joueur, le
détective sommeille en lui.
Il y a donc fort à parier que ce livre, dont
le style m'a paru mauvais, n’a été que peu abandonné par ses lecteurs.
Véritable exploit car le nombre de pages est conséquent.
La construction complexe, avec de
multiples retours en arrière, ne figure pas parmi les plus subtiles qu'il m'ait
été donné de lire mais là encore, j'accorde mon indulgence. La tentative est
louable.
L’intrigue, nourrie par des
rebondissements multiples et une construction savante (ou essayant de l'être) peut-elle
faire oublier le style ? Pour ma part, c’est non. Pourtant, je l’ai lu
jusqu’au bout, n’échappant pas à l’envie d’avoir raison sur le coupable…
Fallait-il que les dialogues amoureux
soient aussi mièvres pour que l’on croie ou que l’on cautionne l’amour de ces
deux personnages à l’écart d’âge dérangeant ? Fallait-il que les
conversations téléphoniques avec la mère du héros soient aussi caricaturales
pour essayer de nous faire sourire ? Fallait-il que l’éditeur soit un être
aussi grossier et sordide pour que sa noirceur fasse ressortir la pureté
supposée du personnage principal qui blanchit de sa plume l'honneur bafoué de
son ami ? Une pureté négociée à un
million de dollars, ça laisse perplexe...
Mais le plus agaçant, selon moi, ce sont
les grandes vérités qui émaillent le livre (31 fois, rien que ça…) sur ce qui fait d'un livre, un "bon
livre" et d'un écrivain, un
"grand écrivain". Vu le niveau de style des pages qui encadrent ces
passages, on peine à être convaincu de la légitimité de l'auteur (au passage,
ce mot existe et son emploi aurait évité la répétition soûlante du mot "écrivain") en tant que
conseilleur dans ce domaine. Oui, je sais bien, ce n'est pas un essai ni un
ouvrage scientifique sur l'art d'écrire... mais pourquoi alourdir le livre avec
ces grosses ficelles, on l'avait bien compris que Harry était le mentor de
Marcus !
Là, mon indulgence n'en pouvait plus car j'ai
trouvé la démarche d’un ennui profond. Franchement, qu’apprend-on ? Je
cite le conseil numéro 16 : « Harry, combien de temps faut-il pour écrire
un livre ? - ça dépend. – ça dépend de quoi ? – de tout ». Muni
d’un renseignement aussi essentiel, on est paré !
L'ennui a cédé la place à l'agacement
quand Harry, le mentor s'est mis en tête de renseigner son poulain sur les
attentes supposées des lecteurs. Il lui apprend que le premier chapitre est
essentiel car sinon, le lecteur n'ira pas au-delà. Ah bon ? Je ne savais pas
que le premier chapitre constituait l'artefact absolu, le grand canyon rejetant
sur deux rives opposées, les "j'abandonne" et les "je
continue".
Autre conseil, il faut servir un dernier rebondissement,
histoire de « garder jusqu'au bout son lecteur en haleine » (heu, il
a passé le cap fatidique du premier chapitre, tout va bien !). Non, parfois non,
quantité ne fait pas qualité, le mieux est l'ennemi du bien, point trop n'en
faut, à trop vouloir..., je peux ressortir tous les adages et phrases toutes
faites en la matière mais franchement ce manque de finesse va finir par lasser,
comme quoi, oui, le style compte quand même un peu.
mercredi 4 mars 2015
Le seuil du jardin de André Hardellet
La Collection L'Imaginaire chez Gallimard
œuvre aussi beaucoup en matière de désensablage. D'aucuns diront que c'est une
grande maison et que c'est son rôle. Mais je persiste à trouver la démarche
courageuse à l'heure du consumérisme effréné (non, je n'ai pas d'actions chez
eux).
Parler de l'auteur et de son éditeur
m'évite de parler du livre lui-même qui n'est vraiment pas des plus simples à
présenter. Il est question d'une pension de famille tenue par maman
Temporel avec présentation de ses
occupants. Parmi eux, Stève Masson (Hardellet l'utilisera par la suite comme
pseudonyme pour un autre livre), peintre dont le talent commence enfin à être
reconnu mais dont le caractère est assombri par une quête difficile : "Je
cherche toujours ce qu'il y a derrière mes tableaux ou derrière l'intention
[...] L'autre côté des choses, le but secret." Il y parvient avec la toile
nommée "Le seuil du jardin" (au moins, j'aurai expliqué le titre),
expression d'un rêve récurrent le plongeant à chaque fois dans une béatitude
addictive.
Un autre personnage fait alors son entrée
dans l'histoire et la pension, Monsieur Swaine, professeur de philosophie en
retraite. Terriblement secret (il fait poser des serrures sur toutes ses
portes), celui-ci suscite aussitôt la curiosité méfiante des autres
pensionnaires sauf celle de Masson, trop tourné vers lui-même et son art. La
nuit, une étrange machine fait entendre son ronronnement. On apprend, après
quelques péripéties, qu'il s'agit d'une sorte de lanterne magique permettant de
fabriquer les rêves et de renouer avec les souvenirs. Masson et Swaine se
rejoignent bien évidemment sur cet intérêt commun.
Cependant une telle machine
apparaît pour certains comme une menace pour la société...
Une intrigue policière, de très
beaux passages oniriques, une réflexion d'ordre philosophique, oui, ce livre
mérite de sortir de l'oubli, comme son auteur.
Inscription à :
Articles (Atom)