lundi 22 avril 2019

A la ligne de Joseph Ponthus



Je t’ai lu d’une traite
Aspirée par ta cadence
A la ligne
La lectrice
Page après page
Vissée à ta prose
De ces Feuillets d’usine
J’ai pensé en te lisant
Le grand marin de Catherine Poulain
Tu proposes tes parallèles littéraires
Je choisis les miens
Tu as mis en symbiose
Ta forme sans point
Et ton lancinant
Épuisant
Labeur qui se répète
Qui distend les heures
La ligne de tes mots qui égrènent
Crevettes bulots qui défilent
La ligne toujours la ligne
Puis les carcasses
Plus dur encore
Embauché dans l’agro
Confiés aux bons soins de l’intérimaire
Précaire temporaire salaire
Chanter penser
Agir tenir écrire
Convoquer ce que tu peux
Amour littérature
Camaraderie
Comme au temps de la Guerre
La Grande
Convoquer la poésie
Et nous donner tant...



Merci à Delphine-Olympe pour cette très belle découverte.





lundi 15 avril 2019

Le Rituel des dunes de Jean-Marie Blas de Roblès

J'ai failli passer à côté de ce livre et je réalise à quel point cela aurait été dommage. Je le sais pourtant, car je n'en suis pas à mon premier roman de cet auteur, que son imaginaire foisonnant, ses nombreuses références culturelles et son inventivité narrative, requièrent de la part du lecteur, des disponibilités d'esprit et de temps, toutes conditions qui n'étaient pas particulièrement réunies lorsque j'ai commencé sa lecture. Mais heureusement, il n'est pas interdit d'en relire certains passages.
Dans Le Rituel des dunes, l'auteur nous propose de suivre le récit d'un certain Roetgen qui se remémore, non sans nostalgie ou plutôt avec une pointe de culpabilité, sa liaison avec Beverly alors qu'ils étaient tous deux employés en tant qu'experts linguistes dans un institut à Tientsin en Chine, au cours des années 80. Plus âgée que Roetgen, l'Américaine a déjà vécu mille aventures, connu des situations sordides et "pris des décisions importantes". Son brin de folie n'est pas sans susciter une forme de fascination chez le jeune homme qui, fraîchement débarqué du Brésil, peine à trouver ses marques dans ce nouveau microcosme.
Le Rituel des dunes est un roman aux entrées narratives multiples car au récit de la liaison entre les deux linguistes, s’ajoutent toutes les histoires, les différents contes que Roetgen invente pour distraire et apaiser Beverly. Ces histoires s'insèrent dans le roman, un peu comme des nouvelles de taille variable et en constituent en fait la trame principale. J'avoue que j'ai mis un certain temps avant de le comprendre car j'en attendais davantage de l'autre histoire, celle entre les deux personnages et c'est ce qui explique que j'ai failli passer à côté.
Il faut dire que l'auteur nous sollicite tous azimuts car il nous propose aussi de suivre un roman d'espionnage mais en pointillés (un chapitre sur deux !). Les lecteurs de l'auteur y trouveront également une subtile allusion à la nouvelle La Mémoire de riz.
Un peu décontenancée au départ, j'ai donc fini par trouver moi aussi mes marques avec ce roman dont la qualité d'écriture est remarquable.

dimanche 6 janvier 2019

Chien-Loup de Serge Joncour

Valérie, merci de m'avoir prêté ce magnifique
 livre qui m'a permis de découvrir la plume de Serge Joncour
Eté 1914, le village d'Orcières-le-Bas, comme tous les villages de France, s'apprête à basculer dans la guerre. Ici, dans ce coin du Lot, on est loin du front mais la guerre, c'est d'abord les hommes qu'il faut remplacer dans les champs, sans tarder, car la moisson est là qui exige son travail harassant. Alors, on s'organise, on garde les enfants comme on peut et on s'y met avec des outils trop lourds, inadaptés. On supplée les hommes mais aussi les bêtes, bien souvent réquisitionnées. On n'ose pas penser à son inquiétude. De toute façon, on tombe de fatigue le soir en rentrant. Et puis on comprend qu'après cette récolte, il faudra poursuivre encore et encore ce labeur harassant car on n'en a pas fini avec cette guerre. Alors, quand un dompteur allemand demande au maire l'autorisation de mettre à l'abri ses fauves tout en haut du mont d'Orcières, ce mont qui fait peur aux villageois, le maire se dit qu'au moins, ça fera un homme valide.
Un siècle plus tard, Lise, une ancienne actrice à la recherche d'un lieu de vacances sans aucun réseau tombe sur une annonce de location, un gîte, quelque part sur un causse du Quercy. Après avoir vaincu la réticence de son mari, Franck, un producteur de cinéma, qui vit constamment dans un environnement professionnel connecté, le couple s'installe dans cette maisonnette rustique, posée comme un îlot dans un paysage immense, sauvage et somptueux (merveilleusement bien décrit par l'auteur) avec pour seule compagnie, une sorte de molosse qui tient presque autant du loup que du chien. 
Voici le contexte de ces deux histoires qui n'ont, a priori, rien à voir ensemble et que Serge Joncour va habilement mener, en alternant les chapitres, mais pas seulement comme deux fusées parallèles dont on pressent qu'elles vont, à un moment donné, se rejoindre mais bien comme deux trames narratives dont les porosités, réflexives, sont tissées de manière subtile. Lise, comme Joséphine un siècle plus tôt (je vous laisse découvrir ce très beau portrait de femme) est en quête d'elle-même. A quelles violences nouvelles le monde contemporain expose-t-il ? Ce roman, imprégné de la figure fascinante et magistrale des lions, de celle, plus secrète, des loups, questionne différentes formes de prédation, celles de l'animal, immuables, naturelles et celles de l'Homme, bien plus pernicieuses. 
J'ai découvert la plume de Serge Joncour avec ce roman et autant dire que je vais m'empresser d'aller lire ses autres ouvrages car, grâce à lui, j'ai mis fin à une sorte de panne de lecture qui commençait à m'inquiéter. En retrouvant ce livre chaque soir, je me suis rappelée pourquoi j'aime lire, pourquoi j'y consacre une bonne partie de mon temps libre, souvent au détriment de mon sommeil mais qu'importe, j'ai eu de l'empathie pour ces paysannes qui ployaient sous le harnais, je me suis émue de la sensualité de Joséphine et de la délicatesse de Lise, j'ai été impressionnée par les biceps du dompteur, j'ai eu peur des lions et du molosse, j'ai visualisé dans les moindres détails ce paysage grandiose, j'ai réfléchi sur le sens de beaucoup de choses, j'ai fait des suppositions sur le dénouement et j'ai été surprise, j'ai tourné les pages avidement puis j'ai lu les dernières très lentement afin de les économiser et bien sûr, après, j'ai continué à penser à ce roman et à me réjouir de ce que je pourrais en dire car pour moi, c'est tout cela la lecture, à la fois la perspective motivante d'ouvrir un bon livre, la jubilation de le découvrir avec la farandole de sentiments et de réflexion que cela convoque mais aussi le plaisir d'en parler, de partager un peu de ce "hors-temps" si singulier et bien souvent renouvelé. 

dimanche 21 octobre 2018

Là où les chiens aboient par la queue de Estelle-Sarah Bulle

Et j'ai même aimé la couverture, moi qui d'ordinaire
 suis une inconditionnelle du papier mat...
J'ai tout aimé dans ce livre. Que ce soit la qualité de l'écriture, les personnages, le choix narratif, l'ambition de mêler subtilement l'histoire familiale à celle plus large de la Guadeloupe et de ses liens avec la métropole, l'ensemble me semble parfaitement maîtrisé, ce qui est assez remarquable pour un premier roman.
Depuis la lecture de ce livre, j'en ai commencé 3, 4 autres sans ressentir cette harmonie et je crois qu'il me faut les mettre en attente, le temps que s'estompe cette sensation.
Ceci posé, détaillons quelque peu...
L'écriture est belle et fluide. Je fais toujours attention pour qualifier de "fluide" une écriture car on pourrait penser qu'elle est facile à lire parce que sans relief. Ce n'est pas du tout le cas ici, sa fluidité n'empêche pas un travail certain sur le choix du vocabulaire et la syntaxe. J'aime les romans bien écrits tout comme j'aime les personnages et là, autant dire que ce premier roman d'Estelle-Sarah Bulle donne matière ! L'auteure a puisé son inspiration dans sa propre famille. Elle-même fait partie des personnages convoqués dans cette galerie de portraits. Elle est "la nièce" qui a recueilli les confidences de ses deux tantes, la tante Antoine (oui, c'est bien ce prénom dont l'usage épicène est plutôt rare), l’aînée de la fratrie au physique et au caractère impressionnants puis la tante Lucinde, sa cadette de deux ans et son opposé ou presque sur bien des points. Le roman est construit sur une structure narrative chorale où tour à tour s'expriment Antoine, Lucinde et Petit-Frère (ainsi nommé toute sa vie par ses deux sœurs... c'est le père de l'auteure). Chacun apporte son éclairage sur les événements familiaux et le décalage entre ces différentes voix s'avère particulièrement savoureux. 
L'histoire familiale est propice au romanesque (ou bien romancée mais peu importe...) Je vous laisse découvrir la rencontre entre le bouillonnant Hilaire Ezechiel et la jeune Eulalie Lebecq, originaire d'une famille de Blancs-Matignon des Grands Fonds, ce sont les parents de la fratrie. Une histoire si romanesque donc que l'auteure aurait pu choisir de circonscrire le roman à ce matériau mais elle décide de le porter à une échelle plus large, ambitieuse même. En effet, Estelle-Sarah Bulle nous propose d'analyser les évolutions de la Guadeloupe depuis les années 40 et de comprendre, par là-même, les raisons du départ de nombreux Antillais pour la métropole, décision que vont prendre Lucinde, Petit-Frère et même Antoine. 
Le roman imbrique l'intimité de l'histoire familiale qui se ramifie en parcours individuels caractérisés par des tempéraments forts, par moment tiraillés par des questions identitaires car la fratrie est métisse et l'histoire, plus universelle, des poussés au départ, à l'exil avec son corollaire d'adaptation et de confrontation au racisme. Si Antoine choisit de recréer son univers autour de sa boutique en plein Paris ("Je sais qu'Antoine appartient aux centres-villes houleux et constamment éveillés"), Petit-Frère, quant à lui, trouve sa place en banlieue ("Cette banlieue que tu hésites à aimer ou détester a été notre place, l'endroit de l'oubli et de l'indifférence. Une indifférence libératrice."). A chacun son substrat et c'est donc à Créteil que l'auteure voit le jour.
 "Notre ville, à l'orée de Paris, était le grand maelström de la classe moyenne, où la diversité des vies était happée par le courant uniformisateur du "vivre-ensemble". Dans ce grand fourre-tout, les Antillais étaient  une minorité parmi d'autres et les enfants métis une rareté. "Métis" était d'ailleurs un mot à peine utilisé. J'avais le sentiment d'une transgression les rares fois où je me déclarais comme telle, à l'école, auprès de mes amis, dans la rue."

Pour reprendre ce terme si littéraire de maelström, j'ai envie de conclure en ajoutant que, selon moi, Estelle-Sarah Bulle a su parfaitement maîtriser ce maelström d'histoires dont elle est dépositaire, les déployer à différentes échelles, personnelles, familiales et guadeloupéenne ; elle a su questionner les ancrages successifs, choisis ou contraints, de l'île papillon jusqu'à la métropole, pour nous livrer un roman sincère et émouvant, une quête identitaire certes mais qui laisse de la place au lecteur et nous invite même à cheminer avec elle et aux côtés de toute sa famille.

dimanche 7 octobre 2018

Le grand secret de René Barjavel

Merci à O. Essai transformé !
En effet, grand est ce secret, immense même, et je m'en voudrais de le révéler alors que l'auteur réussit à le préserver pendant plus d'une centaine de pages. Avec Le grand secret, je poursuis ma prudente découverte de la science-fiction et je suis tout aussi conquise que lors de ma lecture de La nuit des temps. Est-ce la plume de l'auteur ? Il me faudra bien entendu explorer plus avant pour savoir si ce genre littéraire que j'ai jusque là complètement négligé voire dédaigné me convient en tant que lectrice. 
Publié en 1973, Le grand secret est postérieur à La nuit des temps. J'y ai retrouvé avec bonheur cette attention si délicate et si naturelle qu'a Barjavel pour décrire l'harmonie absolue dans un couple, pour dire l'amour quand il s'impose comme une évidence. 
Autre point commun, les deux livres décrivent chacun une société coupée du temps ou d'un espace géographique accessible, qui se présente comme idéale ou a le projet de l'être mais qui révèle peu à peu ses failles. On retrouve bien entendu la veine de l'utopie étroitement associée au genre de la science-fiction mais dans les deux livres que j'ai lus, ces sociétés utopiques sont sérieusement bancales et je me demande si on peut déjà parler de dystopie ? 
Par contre ce qui fait la particularité du Grand secret, c'est l'habileté avec laquelle Barjavel a introduit des personnages historiques, Nehru, Khrouchtchev, De Gaulle, Kennedy et d'autres encore pour apporter un éclairage nouveau, compréhensible à l'aune du grand secret, sur des événements bien connus de la Guerre froide. C'est sans doute pour cette raison que ce roman est souvent qualifié de roman uchronique. Mais là encore, je m'interroge. Les événements ici ne sont pas réellement modifiés : ils se déroulent comme l'Histoire nous les a fait connaître. L'assassinat de Kennedy a bien lieu ; Etats-Unis et URSS rivalisent dans la course à la conquête spatiale. Barjavel ne modifie pas les faits, il joue sur les causalités. Peut-on parler d'uchronie dans ce cas ? Je ne pensais pas que l'acception pouvait être aussi large...
Mais quels que soient les ressorts littéraires à l'oeuvre dans ce Grand secret et que je peine à analyser car je ne suis pas spécialiste, cette nouvelle incursion dans l'univers de la science-fiction m'a apporté  le cocktail émotion, intrigue, réflexion et j'ai adoré lire l'ouvrage dans une édition de 1988, m'imaginant tous ceux qui avaient tourné les pages pour découvrir au même endroit que moi le grand secret...

dimanche 16 septembre 2018

Mon cœur à l'étroit de Marie NDiaye

Rarement un livre m'aura laissé aussi perplexe. Sa lecture dont je ne saurais dire si elle m'a plu ou pas s'est étalée sur un temps élastique. D'abord lentement, péniblement tant il me mettait moi aussi le cœur à l'étroit, puis à l'abandon pendant de longs mois, attendant que je m'aguerrisse avec des lectures encore plus âpres ou que je sois capable de mettre la distance nécessaire entre lui et moi, je l'ai repris assez avidement, à mon grand étonnement. Mais ce qui n'en finit pas de me laisser perplexe, c'est que ce livre n'a jamais vraiment promis d'être agréable ou facile à lire. Il ne coule pas comme du miel. Sa lecture produit exactement l'effet recherché par son auteur dont le talent n'est plus à démontrer. Dès lors, il me semble que je ne peux pas reprocher à ce livre d'être loyal à son intention. Je trouve même assez courageux de la part de l'auteur de ne pas avoir cherché à écrire un livre plaisant. 
Une lecture, donc, qui perturbe, intrigue et met mal à l'aise. On a du mal à saisir le sens de cette histoire tout en symboles. Nadia et son mari Ange, respectables instituteurs vivant leur métier comme un sacerdoce sont en proie à l'opprobre de toute la ville. Pourquoi un tel acharnement qui tourne à l'agression sur la personne d'Ange ? Ce que perçoit Nadia est-il réalité ou délire paranoïaque ? Rapidement, le couple est confiné dans son appartement bordelais, visité et soigné exclusivement par un voisin qui leur impose sa présence envahissante, les engraissant de mets toujours plus riches. Cependant, dans la succession des faits anormaux qui se produisent, c'est bien Nadia, la narratrice qui est en cause. Elle comprend qu'elle doit partir mais un épais brouillard envahit la ville et modifie tous les repères... Ceux du lecteur le sont également. Vaillamment, il doit tenter d'interpréter les signaux placés ici et là comme des fanaux dans l'étrangeté d'un texte rédigé d'une plume habile, façonnée au ciseau. Une lecture exigeante, sans confort, sans douceur, mais qui sait donner du grain à moudre, un  matériau pour réfléchir et ressentir. 

lundi 13 août 2018

Scherbius (et moi) de Antoine Bello

Un bandeau fort bien choisi pour
ce nouvel opus d'Antoine Bello
Je me suis régalée. Oui, je sais bien que j'avais commencé ma chronique de Ada de la même manière mais j'ai retrouvé la plume et l'inventivité de cet auteur avec autant de délectation et peut-être même davantage !
Avec le dernier Bello, vous n'aurez pas un mais six romans. Six éditions de Scherbius (chacune a sa page de garde insérée), rédigées par son psychiatre, Maxime Le Verrier entre 1978 et 2004. Le tout agrémenté par de savoureuses notes de bas de page. Autant dire que le jeu des entrées narratives est complexe et s'avère délicieux pour le lecteur qui apprécie les constructions un peu subtiles (cela m'a rappelé La caverne des idées de Somoza). 
Alexandre Scherbius est le patient de Maxime Le Verrier. Lorsqu'il frappe à sa porte en 1977, ce dernier perçoit assez vite l'aubaine que va représenter ce cas dans sa jeune carrière. En effet, tout comme les cas d'hystérie avaient fait la renommée de Charcot, figure principale de l'Ecole de la Salpêtrière, Maxime pose assez vite un diagnostic de TPM (trouble de la personnalité multiple) et acquiert une notoriété quasi immédiate après la première édition de son livre, profitant de la publicité que des œuvres telles que The three faces of Eve, film sorti en 1957 ou Sybil, roman biographique publié en 1973, ont pu donner, outre-Atlantique, à cette pathologie, au point de l'intégrer  en 1980 dans le fameux DSM-III (Diagnostic and statistical manual of mental disorders).
Antoine Bello, par le biais de la plume de Maxime le Verrier (qui voue une admiration à "ses maîtres de la Salpêtrière") trouve le moyen de nous proposer une fort intéressante histoire des TPM, rappelant les oppositions entre Pierre Janet, partisan du recours à l'hypnose et Freud, la délaissant (et la discréditant quelque peu au passage) car il la trouve trop limitée dans ses possibilités thérapeutiques. Tout ceci est bien plus savamment détaillé et expliqué que je ne saurais le faire et si, comme moi, vous aimez apprendre au détour de votre lecture, vous irez sans doute consulter quelques pages Wikipédia ou d'autres sources pour en apprendre davantage.
Mais revenons à Scherbius. Il ne se laisse pas si facilement découvrir comme en témoignent les différentes éditions qui tentent de le cerner. Est-il un imposteur ? un menteur pathologique ? un escroc surdoué pour le camouflage et doué d'une mémoire prodigieuse ? Considère-t-il qu'il n'y a d'intérêt dans la vie que si l'on peut jouer tous les personnages ? Et si la littérature, experte en personnages, s'invitait dans l'affaire ?
Roman ingénieux, bien écrit et bien construit, donnant à divertir autant qu'à s'instruire et à réfléchir, une lecture que je recommande vivement.