L'autre
problème d’Émile, c'est sa famille, enfin disons, le manque de discrétion de sa
famille. Redoutable pour un ado, si prompt à avoir honte de tout, la famille
qui se fait remarquer facilement, un peu bruyante, pas spécialement distinguée mais
vivante, gaie et aimante aussi.
Émile est tiraillé. Il sent bien que s'il se présente à Pauline, issue d'un milieu cultivé
et bourgeois, dans la vérité de sa situation familiale, les chances ne seront
pas de son côté. La caravane (même s'il s'agit d'une situation temporaire liée
à un retard de permis de construire) versus la belle maison avec salle de
musique, on devine qui des deux sera le canard boiteux, pareil pour la
profession des paternels respectifs, VRP face à chef d'orchestre, c'est pas
gagné d'avance.
Alors
quand l'élue de son cœur l'invite à venir l'écouter en concert à Venise et que
toute sa famille se propose de l'accompagner, Émile Chamodot n'est guère
rassuré sur l'issue que pourrait donner la rencontre de ces deux univers...
Le roman qui emprunte en grande partie la forme du journal intime réussit à trouver le ton juste. Les réflexions d’Émile qui observe, analyse et tente de comprendre le monde ou du moins son monde et en premier lieu ses parents, sont tour à tour drôles, tendres ou poétiques (un vrai florilège de citations). Le ton n'est jamais aigre car Émile, malgré ses doutes existentiels, a la certitude d'aimer sa famille et d'être aimé en retour. J'aurais beaucoup moins apprécié ce roman s'il en avait été autrement.
Ce livre à l'écriture fluide et facile (ne pas s'attendre pour autant, puisqu'il s'agit du journal intime d'un ado, à du langage SMS, là ce serait caricatural) offre plusieurs niveaux de lecture. Je n'ai pas eu le sentiment qu'il avait des prétentions ostentatoires mais l'air de rien, il chemine (comme la caravane, doucement), laisse son empreinte, permet de revisiter son adolescence (il y a fort à parier que beaucoup y reconnaitront une scène familière...), d'y déposer peut-être un voile de nostalgie apaisée, mais aussi de s'interroger sur l'adulte que nous sommes devenus, cet adulte qui a fait la synthèse, certes peut-être tant bien que mal, de toutes ses aspirations, peurs, joies, hontes et de tout cet amour donné et reçu.
C'est grâce à la chronique d'Alphonsine que j'ai eu envie de lire ce livre...
Le roman qui emprunte en grande partie la forme du journal intime réussit à trouver le ton juste. Les réflexions d’Émile qui observe, analyse et tente de comprendre le monde ou du moins son monde et en premier lieu ses parents, sont tour à tour drôles, tendres ou poétiques (un vrai florilège de citations). Le ton n'est jamais aigre car Émile, malgré ses doutes existentiels, a la certitude d'aimer sa famille et d'être aimé en retour. J'aurais beaucoup moins apprécié ce roman s'il en avait été autrement.
Ce livre à l'écriture fluide et facile (ne pas s'attendre pour autant, puisqu'il s'agit du journal intime d'un ado, à du langage SMS, là ce serait caricatural) offre plusieurs niveaux de lecture. Je n'ai pas eu le sentiment qu'il avait des prétentions ostentatoires mais l'air de rien, il chemine (comme la caravane, doucement), laisse son empreinte, permet de revisiter son adolescence (il y a fort à parier que beaucoup y reconnaitront une scène familière...), d'y déposer peut-être un voile de nostalgie apaisée, mais aussi de s'interroger sur l'adulte que nous sommes devenus, cet adulte qui a fait la synthèse, certes peut-être tant bien que mal, de toutes ses aspirations, peurs, joies, hontes et de tout cet amour donné et reçu.
C'est grâce à la chronique d'Alphonsine que j'ai eu envie de lire ce livre...